Interview de l’auteur
Avec Ruptures, vous signez un thriller dont le titre même semble traduire l’état du monde actuel. Un monde au bord de la rupture. Ou plutôt soumis à des ruptures inédites. Est-ce bien là l’intention du livre ? Et, sans tout dévoiler du roman, quel est le cœur de votre intrigue ?
Qu’on ne se méprenne pas : ce n’est pas un thriller géopolitique, c’est au contraire une histoire très intime, puisque les victimes sont toutes des jeunes femmes enceintes qui certes travaillaient pour la même multinationale. Or, dès le départ, le ou les pères des enfants qu’elles portaient sont introuvables. Ils ne se manifestent pas. Et tous les regards se tournent vers leur employeur : l’innovateur le plus fascinant et le plus controversé de la planète. À partir de là, oui, on découvre qu’on vit une époque de ruptures tous azimuts, une époque dans laquelle chacun de nous a le plus grand mal à trouver ses repères, y compris Lucia.
Dans votre précédent thriller, H, vous mettiez en scène votre héros fétiche, le commandant Servaz. Cette fois, et pour la troisième fois, vous faites revenir Lucia Guerrero. Va-t-elle, elle aussi, devenir un personnage central dans votre œuvre ? Qu’aimez-vous chez elle ?
Déjà, elle me permet de dire des choses différentes : Servaz est un homme un peu plus jeune que moi mais pas tant que ça ; Lucia, elle, est d’une autre génération, espagnole, plus dure à cuire aussi que Servaz… On me pose souvent la question : comment faites-vous pour faire vivre un personnage comme celui-là ? Pardon, mais c’est mon boulot de romancier de me glisser dans la peau de personnages différents de moi, hommes et femmes. Par ailleurs, Lucia m’a été inspirée par une personne qui m’est proche et qui lui ressemble beaucoup : espagnole, même génération, tatouages et… plutôt coriace elle aussi. Son regard sur tout ce qui se passe est brutal, sans concession.
C’est d’ailleurs une Lucia plus intime que l’on découvre. Avec ses failles, ses souffrances, et une annonce qui, elle aussi, sonne comme une rupture dans sa vie…
Oui, un vrai tremblement de terre, il y aura un avant et un après dans sa vie à partir de là, mais évitons de spoiler.
Ne cherchons pas à esquiver. Votre milliardaire mégalomane a tout d’un certain Elon Musk… Elon, Milton, vous revendiquez le modèle ? En quoi ce personnage vous intrigue et, peut-être même, vous inquiète ?
Je revendique le modèle en effet : Milton Gail, mon personnage, a fait entrer la planète dans l’ère des voitures électriques, il a révolutionné l’exploration spatiale privée, il a un côté messianique avec son réseau social, il est l’homme le plus riche du monde, un génie visionnaire soit, mais aussi un dirigeant tyrannique et un homme-enfant mégalomane. Mais que les choses soient claires : Milton Gail est une fiction. Comme Hannibal Lecter est une fiction bien que Thomas Harris se soit inspiré de tueurs en série réels, comme Dracula est une invention, bien qu’il ressemble à un certain Vlad Tepes, voïvode de Valachie au xve siècle. Comment ne pas être fasciné et intéressé par un tel personnage ? Musk comme Gail changent non seulement les règles du jeu, mais, avec leurs « collègues » de la Tech, ils sont en train de changer le monde ! Et aussi, avec l’IA, de décider du destin de l’humanité sans nous demander notre avis, car ces gens-là sont idéologiquement antidémocratiques. Ils veulent une domination technologique, financière, économique, politique, idéologique, culturelle sans partage. Ils veulent nous dicter, de leurs forteresses high-tech, notre façon de travailler, de nous informer, de communiquer, de tomber amoureux, de nous soigner, de décider et même de vivre et de penser. Et il est vrai que la technologie leur donne aujourd’hui ce terrible pouvoir. Mais le plus intéressant dans tout ça, c’est le fait que c’est vu à travers le regard de Lucia, qui pourrait être le vôtre ou le mien, car elle éprouve la même stupeur, le même désarroi, la même inquiétude que nous partageons tous.
Pas un jour, ces derniers temps, sans que les médias se fassent l’écho de l’alliance révolutionnaire de la robotique et de l’intelligence artificielle. Le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez eu du flair… Vous voulez une anecdote ?
Quand j’étais en train d’écrire Ruptures l’été dernier, je faisais déjà dire à Milton Gail : « Nous devons fabriquer un million de robots dans les deux ans qui viennent. » Cette idée venait des informations que j’avais récoltées. Mais j’ai quand même trouvé ce chiffre un peu exagéré sur le moment, je l’ai donc divisé par deux : « un demi-million ». Tard l’autre soir, j’allume ma télé sur une chaîne d’info et j’entends que Musk a passé un deal avec Tesla pour fabriquer un million de robots d’ici à la fin de 2027, ceci afin de rattraper le retard pris sur les Chinois ! J’étais en train de corriger les épreuves, j’ai donc rétabli mon chiffre initial !
C’est une peinture de l’Amérique de Donald Trump que vous offrez également. En quoi, selon vous, la littérature éclaire le réel ?
On pourrait écrire une thèse là-dessus ! La littérature, et pas seulement le polar, c’est la volonté de rendre compte du caractère multiforme et contradictoire du réel. C’est le contraire de l’idéologie, qui simplifie tout – d’ailleurs les « romanciers idéologues » m’ont toujours paru suspects, malgré leurs œuvres immenses et souvent admirables. C’est un roman dont la première partie se passe en Espagne, mais aussi en Europe, et qui, à un moment donné, envoie Lucia du côté de Seattle, région que je connais bien pour y avoir déjà situé Une putain d’histoire. Sauf que tout a changé : l’Amérique de Trump n’est plus celle d’Une putain d’histoire, qui avait ses travers, ses crimes et un pouvoir déjà porté à la surveillance de ses citoyens, c’était d’ailleurs l’un des sujets du livre, mais rien à voir avec aujourd’hui, où on a deux Amériques qui se haïssent, paranoïaques, complotistes, où le pouvoir tente par tous les moyens, même illégaux, de museler la presse, d’emprisonner les opposants, y compris un ancien directeur du FBI, sous des prétextes fallacieux, de truquer les élections, où il se livre à la destruction méthodique des piliers de la démocratie américaine, où un Président insulte et menace tous ceux qui le critiquent, humilie et menace même ses alliés, ment comme un arracheur de dents, se comporte en tyran capricieux et susceptible, le tout avec le vocabulaire et l’âge mental d’un enfant de dix ans, toutes choses qu’on aurait cru inimaginables il y a deux ans à peine !
Votre succès à l’international ne cesse de se confirmer. Quelle valeur accordez-vous à cette reconnaissance ? Et pensez-vous qu’il est important que les écrivains français rayonnent davantage à l’étranger ?
L’an dernier, je suis allé à Oslo, à Athènes, à Milan, en tournée à Madrid et dans tout le nord de l’Espagne, à Sofia aussi, en compagnie de trois confrères polardeux bien connus. En Norvège, j’ai constaté que le public et la presse scandinaves s’intéressent fort peu à ce qui s’écrit ailleurs, alors que nous-mêmes sommes très demandeurs de polars venus du froid. J’ai la chance d’avoir explosé là-bas ce plafond de verre : au pays de Nesbo, ce n’est pas rien. Cette année, on m’a demandé d’être le président du jury du prix Goncourt pour la République tchèque, pays où mes romans rencontrent aussi le succès. J’ignorais jusqu’à une date récente que l’académie Goncourt organisait des prix Goncourt (qui récompensent des romans français) dans d’autres pays. Je trouve que c’est une idée formidable. Nous avons tant d’auteurs qui méritent d’être connus et reconnus au-delà de nos frontières.
Savez-vous déjà si votre prochain opus replongera dans les brumes pyrénéennes qui vous sont chères, ou partirez-vous, de nouveau, à l’autre bout du monde ? Et avec qui cette fois ?
Joker.
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la presse en parle
« Bernard Minier a réussi son pari d’aborder, au moyen de la fiction, une thématique actuelle, fascinante et angoissante, le progrès fulgurant de l’intelligence artificielle couplée à la robotique. (…) On n’en dira pas plus si ce n’est que Ruptures se lit un peu comme un James Bond. »
Bruno Corty, Le Figaro Littéraire
« Mêlant thriller et dystopie, nourri de portraits ay vitriol, Ruptures fascine autant qu’il écœure, avec une efficacité redoutable. (…) Avec Ruptures, Bernard Minier brosse bien plus qu’un portrait à charge : il interroge la toute-puissance des géants de la tech, parfois supérieure à celle des États, leur impunité mais aussi leur impact sur le climat, la liberté d’expression ou la fabrication de l’opinion. »
Nathan Tacchi, Le Point
« « L’effet Elon Musk » est le coup de maître de Ruptures. II rend le scénario réaliste et accule le lecteur, privé de ce refuge qu’est la dystopie. (…) Bernard Minier entre avec fracas dans le grand sujet contemporain : la dérive technologique de l’humanité »
Anne Crignon, Le Nouvel Obs
« En jetant l’héroïne de deux de ses romans récents (Lucia et Les Effacées) dans les griffes du roi de la tech, Bernard Minier jongle entre le réel et la fiction, et signe un très fantasque et inquiétant thriller sur celui qui prétend aujourd’hui dessiner l’avenir de la planète. »
Philippe Blanchet, Le Figaro Magazine
« Un séduisant jeu du chat et de la souris dans le monde impitoyable de la tech. (…) C’est à travers les discours libertariens décomplexés de certains de ses personnages que Ruptures fait le plus frissonner. Car cette fiction-là a un goût de réel un peu trop amer… »
Yoann Labroux Satabin, Télérama
« Un bon Minier ! »
Bruno Corty, Le club Figaro
« Un roman très ambitieux »
Philippe Blanchet, Le club Figaro
« Un roman passionnant. (…) C’est très très réussi (…) C’est intéressant, passionnant »
Laurent Ruquier, T18
« Un séduisant jeu du chat et de la souris dans le monde impitoyable de la tech »
Yoann Labroux Satabin, Télérama
« Un roman très cinématographique, comme souvent chez Bernard Minier »
Jean-Christian Hay, Gala
« Ce qui rend ce roman si glaçant, c’est sa résonance avec notre propre actualité. (…) C’est sombre, c’est documenté, et cela donne un thriller politique et psychologique d’une efficacité redoutable. Foncez dans votre librairie, vous ne serez pas déçues ! »
Laura d’Angelo, Biba
« Bernard Minier signe un polar qui colle de près à l’actualité, entre crise énergétique et emprise des géants de la tech. (…) Un roman particulièrement ancré sur notre monde. Un polar qui pose 1000 questions sur notre avenir. »
Olivier Schoonejans, RTL info
« Un polar inquiétant, souvent prenant et miroir affolant des dérives du monde actuel, proche d’un précédent roman de Bernard Minier, le très réussi M, le bord de l’abîme. »
Frédéric Rapilly, Télé 7 jours
« Une troisième enquête réussie pour l’héroïne espagnole de Bernard Minier, plongée dans une dystopie angoissante. »
Nathalie Vigneau, Télé Magazine
« Un livre absolument incroyable ! Du suspense jusqu’à la dernière ligne. »
Patrick Simonin, L’invité – TV5 Monde
« Ruptures interroge la toute-puissance des géants de la tech, parfois supérieure à celle des États. Un roman particulièrement ancré sur notre monde qui nous interroge et nous angoisse. Du très bon Bernard Minier. »
Olivier Le Creurer, France 3 Occitanie
« Une nouvelle enquête de Lucia particulièrement réussie. (…) Un angoissant thriller ultra-contemporain »
Isabelle Lesniak, Les Echos
« Avec talent Bernard Minier signe Ruptures, l’un de ses romans les plus fous et les plus inquiétants sur les sciences et le progrès »
Pierrick Fay, Les Échos
« Un thriller formidable. (…) Un miroir grossissant de tous les maux auxquels nous sommes confrontés. (…) Une grande réussite »
Wendy Bouchard, Ma France – Ici
« II n’y a pas que l’Amérique pour proposer de grands écrivains de thrillers : en France, il y a Bernard Minier (…) À lire absolument »
Bernard Cattanéo, Le Courrier français / La Renaissance du Loir et Cher / L’Echos de l’Ouest
« Bernard Minier signe avec Ruptures un thriller vertigineux sur nos sociétés en bascule. (…) Avec lucidité et tension, Bernard Minier construit un roman où l’intime rencontre le politique, où l’enquête devient exploration du monde contemporain. »
Frédéric Lepage, La Fabrique des livres
« Le nouveau polar glaçant de Bernard Minier nous tient en haleine jusqu’à la dernière page »
Paul Mocka, Biba
« Bernard Minier est l’un des grands portraitistes de notre époque. (…) Une fois commencé, Ruptures ne vous lâchera plus »
Cécile Pivot, Femme Actuelle
« Un thriller de haute volée, ultra-documenté et terrifiant dans ses prédictions, titille les nerfs sans répit »
Marie-France
« On se régale à se promener dans les pas de la très attachante Lucia au cœur d’un microcosme hallucinant. (…) Autour de cette réflexion sur un futur aussi improbable que glaçant, Bernard Minier réussit son pari de nous proposer une palpitante enquête »
Michel Troadec, Ouest-France
« Bernard Minier plonge son héroïne au cœur d’une nouvelle enquête glaçante. (…) Une lecture efficace et plaisante »
La Libre
« Un thriller visionnaire »
Pascal Alquier, La Dépêche du Midi
« Un thriller dans l’air du temps »
Christelle Ben, La Voix du Nord
« Avec Ruptures qui évoque pour une large part les géants de la tech et leur infini pouvoirs sur l’humanité, Bernard Minier nous plonge dans l’effroi d’un monde qui court à sa perte. (…) Bernard Minier le démiurge manipule personnages et lecteurs. Il joue avec nos nerfs, notre compréhension du monde. »
Éric Blaise, La Voix du Nord
« Une enquête mêlant secrets et manipulations »
Margot Varin, La Voix du Nord / Nord Éclair
« Une fiction terriblement d’actualité. (…) Comme toujours avec Bernard Minier, le rythme est intense et l’enquête parfaitement ficelée, avec ce qu’il faut de rebondissements et de tension. »
Sylvie Molines, Le Courrier Picard
« Un livre qui va vous faire frémir »
Ici Champagne-Ardenne
« Ruptures donne à réfléchir sur la fragilité de nos systèmes et des femmes. Argent, pouvoir, domination, évolution technologique, course à la modernité sont-ils en train de supplanter les lois des hommes ? »
Frédérique Michalack / Isabelle Bley, L’Indépendant
« Ruptures est un étonnant tour de force. (…) Un opus de haut niveau, comme Bernard Minier a l’habitude d’en signer depuis ses débuts »
Alexandre Fillon, Le Télégramme
« Bernard Minier, l’écrivain originaire de Montréjeau devenu une star mondiale du thriller, nous embarque dans une enquête haletante de Lucia Guerrero. Direction les États-Unis, au cœur des laboratoires ultra-secrets où s’invente notre futur. »
Ici Occitanie
« Bernard Minier, l’homme qui vous fait aimer avoir peur. (…) Un talent rare ! »
Ici Poitou
« Bernard Minier s’impose comme un capitaine du polar français. (…) Attention, livre totalement addictif et intrigue stupéfiante ! (…) Un formidable jeu de pistes/jeu de miroirs auquel nous convie l’auteur »
Sébastien Dubos, Midi le Mag
« Bernard Minier est au sommet de son art avec Ruptures (…) Bernard Minier explore les failles de notre époque, donnant son intrigue une résonance particulière. Le récit, dense et maîtrisé, captive autant par son sus pense que par la finesse de son regard sur les dérives contemporaines. »
Kathleen Meneghini, Les Échos du Touquet
« Bernard Minier, le roi du polar retrouve pour la troisième fois son enquêtrice fétiche dans Ruptures, un thriller ultra-prenant entre l’Europe et les États-Unis »
Nathalie Jacquet, Maxi
« Un polar géo-politique ancré dans l’actualité et les enjeux contemporains. Ruptures est une enquête haletante et prenante et un récit important autour des injustices, des failles sociales, des inégalités et des secrets.»
Robin Negre, L’Éclaireur Fnac
« Un thriller captivant »
Nous Deux
« Ruptures prolonge et renouvelle l’univers de Bernard Minier tout en poursuivant cette réflexion vertigineuse sur le mal, la peur et notre époque. »
Christophe Mangelle, La Fringale Culturelle
« Un page-turner redoutable ! (…) Un roman aussi palpitant qu’anxiogène et suffocant ! »
Robert Pénavayre, Culture 31
« Avec Ruptures, Bernard Minier signe un thriller dont le titre même semble traduire l’état du monde actuel »
André Bonet, Le Petit journal catalan
« Une intrigue vertigineuse. (…) Entre manipulations, influence et contrôle, le polar plonge dans les dérives d’un monde dominé par quelques figures tout-puissants. Une plongée saisissante dans un présent sous tension. »
Amandine Enard-Hauger, EnVols
« Avec Ruptures, Bernard Minier propose un thriller ancré dans l’actualité spatiale. Il interroge notre dépendance aux technologies satellites et la vulnérabilité de nos sociétés modernes ultra-connectées»
La Cité de l’espace
« Dans cette enquête explosive l’auteur de Glacé enchaîne sans temps mort les moments forts n’hésitant pas à dériver avec aplomb et quand il le faut vers l’anticipation. Passionnant, dévorant, angoissant, Ruptures est un brillant thriller politique et technologique »
Carrefour Savoirs
« Ruptures s’impose comme un thriller moderne, qui interroge les mutations du pouvoir à l’ère numérique et les risques liés à sa concentration. Un roman haletant et ambitieux, où l’enquête policière devient le prisme d’une réflexion sur le monde contemporain et ses dérives possibles. »
Culturevsnews
« Un roman addictif ! »
Jean-Marc Rapaz, Générations
« Bernard Minier confirme sa réputation de maître tricolore du thriller. (…) Un thriller sous haute tension »
L’Essentiel livres