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Ce beau miroir

Et si, dans le miroir, se révélait ce que personne ne veut voir ?

Dans le Nord, des manifestations et de violents cambriolages plongent la région dans un climat de tension. C’est dans cette atmosphère électrique qu’une jeune femme est retrouvée morte près de Lille. Son visage a été mutilé. Puis une deuxième victime est découverte. Toutes deux ont eu recours à la chirurgie esthétique. Toutes deux portent les mêmes stigmates. Avec, autour d’elles, des miroirs brisés. Pour le capitaine Dante Simeone, rejoint par Gabriel Zeller et Coline Foucaud, enquêteurs de la DiANE, spécialistes des affaires criminelles les plus complexes, une question s’impose : que cachaient-elles derrière leur apparence ?

Au fil de ses romans, Sandrine Destombes explore les failles humaines et ces moments de bascule qui peuvent changer une vie. Après Les Malveillants, elle retrouve Gabriel Zeller dans un thriller où nul ne peut échapper à son propre reflet.

À propos de son précédent roman, Les Malveillants
« Un roman qui multiplie les fausses pistes, d’une grande finesse psychologique »

François Lestavel, Paris Match

« Sandrine Destombes nous tient par le col, le mystère et la montre »
Julie Malaure, Le Nouvel Observateur

Interview de l’auteur

Ce Beau Miroir, votre nouveau thriller, s’intéresse à l’identité qu’on se façonne. Notamment sur les réseaux sociaux. D’où vous est venue cette idée qui a inspiré le titre de votre roman ?

Se façonner une image ne date pas d’hier. Je crains même que cela remonte à la Grèce antique. Narcisse était si beau qu’il tomba amoureux de son image. Et il en mourut… Dommage que ce mythe ne soit pas plus étudié. Je pourrais reprocher beaucoup de choses aux réseaux sociaux mais ils ne sont, à mes yeux, qu’une caisse de résonance. Ils mettent en exergue certains de nos travers.

Sans trop dévoiler l’histoire, que se passe-t-il derrière ce beau miroir ?

Derrière ce titre se cachent des âmes torturées en quête d’un idéal. Des victimes aux visages tailladés et aux miroirs brisés. Un suspect obnubilé par la perfection. Une famille enviée et peut-être en danger. Ce beau miroir reflète les psychés fragiles, les faux-semblants, les obsessions mais aussi les manipulations.

Le rapport à l’apparence semble être la motivation première des meurtres. Interrogez-vous ainsi les normes encore imposées aux femmes ?

Le rapport à l’apparence m’interroge, en effet. Mais qui l’impose ? Je serais bien en peine de répondre à cette question. Le patriarcat, la société, la mode… ? Aujourd’hui, de jeunes hommes en viennent à se fracasser les mâchoires à coups de marteau pour se refaçonner le visage. La femme n’est donc plus la seule concernée. Je tente surtout de comprendre le pourquoi. Pourquoi se persuader que notre bien-être dépend de notre paraître ?

Le récit alterne les chapitres d’enquête avec le point de vue du suspect, pris dans un compte à rebours avant ce qu’il nomme le « grand départ ». Est-ce une référence à des affaires réelles, comme celle de Xavier Dupont de Ligonnès ?

Xavier Dupont de Ligonnès était une figure, parmi d’autres, à habiter mes pensées. Mais ce n’est ni son crime présumé ni sa fuite qui m’intéressait. Je voulais m’attarder sur les semaines qui ont précédé le drame. Comprendre, ou tout au moins imaginer, la mécanique d’une chute inexorable.

Comme les Cévennes dans votre précédent roman, les Hauts-de-France tiennent une place importante, entre tensions agricoles et histoire industrielle. Pourquoi ce choix ?

La division des affaires non élucidées, autrement dit la DiANE, a cette particularité d’enquêter sur tout le territoire. Une opportunité pour moi d’explorer la France. Mes écrits se déroulent souvent dans le Sud. Or, je suis pour moitié originaire du Nord. J’ai donc profité de l’occasion pour parler de mes racines à travers certains souvenirs. D’évoquer également mes origines italiennes. L’autre moitié qui me constitue.

Dante Simeone et Marin Lafleur de la SR (Section de recherches de la gendarmerie), Gab Zeller et Coline Foucaud, de la DiANE, ont des personnalités très différentes. Comment avez-vous construit ce groupe d’enquêteurs ? Avez-vous des modèles réels ?

Je n’ai pas de modèle issu des forces de la gendarmerie mais j’ai longtemps travaillé en équipe. Je me suis inspirée de mon expérience. La force qu’un groupe réside dans sa diversité. Sa capacité à composer avec ses différentes personnalités. J’aime aussi l’idée de transmission entre les générations. Dans les deux sens. Même si moins de dix ans séparent Gab Zeller de Coline Foucaud, mes deux enquêteurs principaux, ils ont beaucoup à s’apprendre l’un et l’autre. Gab est posé et s’oblige à une approche générale des dossiers. Coline est plus spontanée. Sa vivacité d’esprit offre d’autres perspectives.

Comment avez-vous élaboré cette mécanique de fausses pistes qui oblige le lecteur à réinterpréter les indices ?

Ce n’est pas tant un choix. J’essaie toujours de me mettre dans la peau de mes enquêteurs, et d’embarquer le lecteur avec moi si possible. Mes protagonistes n’ont pas une vue d’ensemble de l’histoire. Ils n’en connaissent pas la fin… J’avance donc pas à pas avec eux. Je me mets à leur rythme et les laisse parfois me conduire dans des impasses ou sur des chemins de traverse.

Retrouvera-t-on Gab Zeller dans votre prochain roman, dans une nouvelle région ?

C’est fort possible. Gab Zeller ne m’a pas encore tout dit. Il ne se livre pas facilement. Peut-être le ferais-je retourner sur ses terres pour l’y aider.

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