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Le café des rêves

Après un burn-out à Berlin, Inès, trentenaire à la vie jusque-là très « connectée », trouve refuge dans le sud de l’Espagne, chez sa grand-mère, Pilar, qu’elle n’a pas vue… depuis trop longtemps.

Dans ce coin de paradis chauffé par le soleil, le « café sans nom » – mais à l’âme si présente – bat au rythme des confidences et des rêves qui s’y croisent.

Autour des tables, Inès fait la connaissance de Luz, la voisine au food truck poétique, de Ruben, le patron aux doux silences, de Julia, la coiffeuse au cœur cabossé, et d’Alberto, ancien instituteur aux secrets bien gardés. Sans oublier le cercle des sorcières bien-aimées animé par Pilar – vieilles dames aussi fantasques que redoutablement lucides.

Entre tortillas bien grasses, olives pimentées, cartes postales pleines de vérités et rires qui font du bien, Inès découvre alors que, loin des ambitions et des illusions, il existe mille façons de vivre, d’aimer… et de rêver sous les figuiers.

Un roman gorgé de soleil qui nous rappelle qu’il y a toujours quelqu’un, parmi nos proches ou sur nos routes, pour nous tendre la main. 

Tendre et poétique. Un bonheur de lecture. 

Interview de l’auteur

Le café des rêves est votre premier roman publié aux éditions XO. Que raconte cette histoire et comment vous est-elle venue ?

C’est à la fois une comédie romantique et un drame joyeux, comme la vie, souvent. L’histoire est celle d’Inès, une jeune ingénieure francoespagnole qui vit à Berlin et a consacré des années à former une intelligence artificielle. Mais, un jour, cette même IA finit par lui annoncer qu’elle est virée ! Sujet terriblement d’actualité… Plutôt que de se laisser couler, entourée de madeleines au chocolat et de son chat Balthazar, Inès décide de tout plaquer et de rejoindre sa grand-mère Pilar en Andalousie. Là-bas, elle découvre un cercle de femmes extraordinairement libres, très franches, qui se retrouvent au marché, au lavoir, et au café du village. Des femmes qui ont beaucoup vécu et surtout qui ne s’en cachent pas.

De ce café, il est beaucoup question…

Ce café sans nom est tenu par Ruben, un homme peu bavard mais très séduisant. Les murs de son estaminet sont couverts de post-it. Des mots, des pensées, des citations griffonnées par les clients au fil des années. J’ai pensé à ce café après avoir découvert au Vietnam, à Hanoï, le Note Coffee, un café lui aussi tapissé de messages colorés laissés par les voyageurs de passage. Et puis j’ai visité deux restaurants au Portugal, Tu e eu, où l’on écrit carrément sur les murs. L’histoire a commencé à germer doucement dans mon esprit. Je savais que ce café allait donner beaucoup d’idées à Inès. Le village où se passe le roman, lui, doit beaucoup à celui où vit mon père en Espagne. Je voulais que ça sente la figue, comme l’arbre dans son jardin. J’adore cette odeur sucrée, les fruits qui dégorgent au soleil…

Pilar, la grand-mère d’Inès, dit des vérités crues sur l’amour, le sexe. Elle vit, elle désire. Souhaitiez-vous montrer que le nombre des années n’émousse pas le goût de la vie ?

Ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on n’a plus d’envies, bien au contraire. J’adore m’installer dans un café et écouter les conversations autour de moi. Parfois j’entends des choses très crues et ça me ravit. Je note tout dans mes carnets. Il y a des retraités au coin de ma rue qui, dans la même phrase, parlent de leurs paris sportifs et de leur prostate. J’adore cette façon de ne plus se soucier du regard des autres, d’aller droit au but. J’aimais trop Pilar et ses amies pour vouloir les raisonner, les assagir. Sous leurs vérités balancées sans filtre, elles ont chacune leurs fêlures, leurs zones d’ombre. Comme tout le monde. On voit rarement des femmes comme elles dans les comédies romantiques. J’ai voulu leur donner la parole.

Dans votre roman, il y a aussi ces silences et ces non-dits entre Inès et ses parents…

Le roman, c’est l’endroit idéal pour soulever le vernis. On joue tous un rôle social, on se protège, on s’arrange avec ce qu’on ne dit pas. La fiction permet de libérer tout ça, de faire avouer aux personnages les failles qu’on n’ose pas s’avouer à soi-même. Le plus beau compliment qu’on puisse me faire, c’est quand un lecteur me dit qu’après avoir refermé le livre, il a eu envie de renouer le contact avec quelqu’un qu’il aimait et qu’il avait perdu de vue, pour des raisons souvent ridicules. C’est ça, un roman réussi : pas seulement une histoire qu’on lit, mais quelque chose qui continue à agir en nous une fois qu’on a tourné la dernière page. J’espère y être arrivé…

En quoi votre vie personnelle a pu influer sur votre démarche d’écrivain ?

Ma mère est morte en 2016, la même année où je devenais père pour la deuxième fois. J’étais partagé entre un vide immense et une joie absolue, avec ces deux émotions contradictoires en moi sans que je sache vraiment comment les réconcilier. N’est-ce pas le résumé de la vie, finalement ? Ces joies et ces peines qui se superposent, qui se télescopent, et qu’il faut apprendre à porter ensemble. Mon fils m’a cité Voltaire l’autre matin en allant à l’école, dans l’escalier, le cartable d’un côté, le sac de l’autre : « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » Sa maîtresse le lui avait appris. Je me suis arrêté, je l’ai regardé, et j’ai trouvé ça magnifique. Pas facile, loin de là, d’être résolument optimiste. Mais le roman, c’est un bon entraînement. En tout cas, c’est le mien !

Vous parlez avec une grande justesse des femmes. D’où vous vient cette sensibilité ?

J’ai grandi dans une famille très matriarcale, où les femmes occupaient toute la place, et la remplissaient bien. Ma grand-mère belge, Élise, que j’adorais, était une femme d’une force tranquille, pleine d’histoires. J’avais presque de la chance d’être malade, parce qu’alors, elle me gardait et me racontait des histoires pendant des heures. Ces dernières années, j’ai travaillé presque exclusivement avec des femmes qui m’ont appris énormément, et ma femme m’a ouvert les yeux sur des problématiques que je n’aurais jamais su saisir seul. Tous ces moments à écouter, tous ces secrets confiés au détour d’une conversation finissent par nourrir l’écriture sans qu’on s’en aperçoive. Quand j’écris sous les traits d’Inès, j’ai l’impression d’être Dustin Hoffman dans Tootsie, habité par quelqu’un d’autre, mais quelqu’un que je connais bien. Si le résultat sonne juste, c’est entièrement grâce à elles.

Pour vous qui avez parcouru le monde de long en large, le voyage est-il une fuite ou une quête ?

Une quête, sans hésitation. On part souvent sans savoir exactement pourquoi, sans avoir la moindre idée de ce qu’on va trouver au bout du chemin. Et c’est précisément là que réside la beauté de la chose : ce sont les imprévus, les rencontres inattendues, les détours non planifiés qui nous transforment vraiment. Je dois vous faire une confession : je n’ai absolument pas le sens de l’orientation. Pendant longtemps je l’ai vécu comme un défaut, avant de comprendre que c’était en réalité une chance. Il faut accepter de ne pas savoir où on va. Se perdre pour mieux se retrouver. C’est exactement ce que vit Inès dans le roman : elle perd ses repères professionnels, elle quitte sa vie bien ordonnée, et c’est dans cet espace d’incertitude qu’elle se redécouvre enfin.

Un film et un livre qui vous inspirent ?

Oh il y en a tant ! Allez, je me lance. Côté cinéma, mon sommet absolu, c’est Coup de foudre à Notting Hill. Cette scène finale au Savoy, quand Hugh Grant se dévoile devant Julia Roberts, avec la voix d’Aznavour en fond sonore… C’est tout ce que j’aime. Me faire cueillir. J’en ai les larmes aux yeux rien que d’en parler. J’ai même refait l’itinéraire de la voiture à Londres, rien que pour ça. Côté livres, ma libraire adorée, Béatrice Leroux, m’a mis récemment entre les mains Ailleurs de Dario Franceschini, l’histoire d’un homme qui se croit fils unique et découvre qu’il a… cinquante-deux frères et sœurs. Une surprise à chaque page, jusqu’à la dernière ligne. Je l’ai offert à tout le monde !

Vous pouvez déjà nous dire un mot de votre prochain roman ?

Je suis né en Normandie et j’ai grandi à Pont-l’Évêque. Alors j’ai imaginé une histoire dans les bocages du pays d’Auge. Il y aura des pommes et… une vache ! Obligatoire. C’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant, parce que tout peut encore basculer. J’écris toujours un premier jet très vite, presque dans un état second, puis je recompose, je redispose, je déplace les pièces jusqu’à ce que l’ensemble tienne. J’ai l’impression de jouer au Lego. Et c’est ça, finalement, la magie du roman : on ne sait jamais vraiment où on va jusqu’à ce qu’on y soit…

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la presse en parle

« Un roman qu’on aura plaisir à lire cet été. (…) Un roman idéal pour les vacances »
Ali Rebeihi, Grand bien vous fasse – Radio France 

« Un livre qui nous fait voyager »
 Frédéric Hermel, Des livres – RMC

« Un roman profondément lumineux, porté par une douceur rare et une humanité sincère. (…) Un livre que l’on referme avec l’envie immédiate de ralentir et, surtout, de profiter de l’essentiel. (…) Gavin’s Clemente Ruiz signe un roman qui fait du bien »
Cathy Brunet, Le 7

« Ce roman est une invitation pour celles et ceux qui se sentent comme Inès, à oser partir pour mieux se retrouver eux-mêmes (…) Un roman rempli de soleil qui nous plonge dans l’été »
Julie Rabiller, RCF Vendée

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